À propos

À l’heure du tout-numérique, le tirage au platine, vénérable technologie photographique, gagne le cœur des photographes, comme des collectionneurs, galeries et musées, autant pour sa promesse de permanence que pour sa beauté unique. Le procédé offre une subtilité de nuances toujours inégalée.

¶ Le tirage platine-palladium est un procédé entièrement artisanal. Il commence par la préparation d’une solution photosensible contenant des sels de platine et de palladium, mélangés à de l’oxalate ferrique. La solution est imprégnée sur un papier d’art sélectionné avec soin. Une fois le papier sensibilisé séché, un négatif à la taille du tirage est placé en contact et l’ensemble est exposé à la lumière. Sous l’effet des rayons ultra-violets, des ions Fe2+ qui ont la capacité de réduire les sels métalliques se forment.

¶ Après une exposition qui peut durer jusqu’à vingt minutes, le papier est aspergé d’un “révélateur” qui va achever de réduire les sels métalliques en métaux purs. L’image est ensuite clarifiée dans des bains la débarrassant des composés photosensibles restants, puis l’épreuve est longuement lavée à l’eau pour ne laisser dans le papier que des métaux à l’état pur, le platine et le palladium. Du fait des variations inhérentes au procédé artisanal, chaque tirage est une pièce unique.

¶ Le platino-palladiotype est sans aucun doute le procédé de tirage photographique le plus pérenne. Le platine et le palladium, métaux nobles incrustés dans les fibres du papier, sont inaltérables. Ils sont insensibles aux ultra-violets, aux oxydations et autres agressions chimiques. Ce qui n’est pas le cas pour les grains d’argent en suspension dans une couche de gélatine, et encore moins pour les pigments encapsulés qui deviennent la norme du tirage contemporain. L’image, faite de métal pur, durera aussi longtemps que le papier qui la porte existera.

Je crois que les gens, fatigués de notre société du tout-jetable, valorisent de plus en plus les objets pérennes, et particulièrement ceux issus de l’artisanat d’art.

Laurent Gloaguen vu par Guy Verville.

Laurent Gloaguen. Photo © Guy Verville, 2007.

Laurent Gloaguen est né en 1966 à Paris, France. Il pratique la photographie depuis près de trente ans.

Installé depuis 2008 à Montréal, Canada, il a fondé la galerie en 2010.