Blog / Exposition de calotypes à la Bibliothèque nationale de France

vendredi 8 octobre 2010

Le calotype est le terme qui désigne le négatif sur papier et son tirage, technique mise au point par l’anglais William Henry Fox Talbot (1800-1877) dès 1840, presque en même temps qu’apparaît en France le daguerréotype de Daguerre. Le calotype, par la possibilité qu’il offre de multiplier les tirages à partir d’un négatif, porte en lui l’avenir de la photographie.

Il se fait connaître lentement en France à partir de 1843. Mais c’est surtout entre les années 1848 et 1860 que le calotype connaît une fortune extraordinaire et d’autant plus étonnante que ce ne sera jamais un procédé commercial. La possibilité alors nouvelle de réaliser des tirages sur papier, de varier leurs teintes, de les retoucher intéresse particulièrement les peintres, les archéologues, les voyageurs, les éditeurs.

De très grands photographes : Gustave Le Gray, Charles Nègre, Edouard Baldus, Henri le Secq par exemple, démontrent rapidement les possibilités esthétiques de ce procédé et entraînent à leur suite nombre d’artistes (Delacroix, Hugo, Bartholdi) ainsi que la fine fleur du monde des affaires (Aguado, Delessert, Odier), de la politique (Périer, Bassano, d’Haussonville, Bocher) qui durant quelques années deviennent des amateurs passionnés par cette nouvelle technique.

L’apport esthétique du calotype dans les années 1850 est considérable, son influence sur l’art, l’architecture et l’archéologie également. C’est grâce à lui que la photographie considérée auparavant comme un objet scientifique ou commercial est acceptée définitivement par les élites intellectuelles et artistiques.

En quelques 180 tirages issus des collections de la BnF et de grandes collections françaises, cette exposition propose de comprendre cette histoire, ses acteurs et les œuvres qu’ils ont produites.

 

Source : communiqué de la Bibibliothèque nationale de France.

Charles Nègre - Le Stryge

Charles Nègre (1820-1880), Le Stryge, 1853.
Épreuve sur papier salé à partir d’un négatif papier ciré.
32,5 x 23 cm. Musée d’Orsay.

Le personnage qui pose sur cette photo, prise à Notre-Dame à Paris, est le photographe Henri Le Secq (1818-1882).

Parallèlement à l’invention du daguerréotype en France, William Fox Talbot (1800-1877) met au point dès la fin des années 1830 un procédé photographique sur papier et le fait breveter en 1842, sous le nom de calotype (“belle image”). Face à la domination commerciale bientôt atteinte par le daguerréotype, son ambition est dans un premier temps esthétique.

Talbot se rend en France au printemps 1843 et tente d’y trouver des relais commerciaux pour son procédé. Par l’intermédiaire de la gouvernante française de ses enfants, le photographe anglais fait la connaissance du marquis Eugène de Bassano.

Entrepreneur parisien, fils du ministre des Affaires étrangères de Napoléon Ier, celui-ci se passionne pour l’invention de Talbot. Le 26 juin 1843, un accord est signé par les deux hommes. Bassano s’initie à la pratique du calotype et, en 1843, avec l’accord de Talbot, le marquis fonde la Société calotypique, dont l’objet est de réaliser et de vendre des photographies sur papier des grands monuments français.

La photographie du portail de Notre-Dame, avant la restauration de la cathédrale, est sans doute réalisée dans ce contexte. Elle porte en effet la mention de Sté Cpe. La qualité de cette image, sa profondeur, le velouté de la surface soulignent avec brio les caractéristiques du calotype rappellant l’esthétique de la gravure. C’est la raison pour laquelle les artistes préfèrent le procédé de Talbot au daguerréotype, dont la clarté et la précision dérangent la sphère académique.

Cette vue du Portail latéral de Notre-Dame témoigne d’un épisode encore mal connu de l’histoire de la photographie, entre l’Angleterre et la France, autour de l’invention de la photographie sur papier.

 

Source : notice du Musée d’Orsay.

Eugène de Bassano - Portail latéral de Notre-Dame

Eugène de Bassano (1806-1889), Portail latéral de Notre-Dame, circa 1845.
Épreuve sur papier salé d’après un négatif papier.
17,3 x 21,2 cm. Musée d’Orsay.

“Primitifs de la photographie. Le calotype en France (1843 - 1860).”

Bibibliothèque nationale de France
5, rue Vivienne, 75002 Paris.

Du 19 octobre 2010 au 16 janvier 2011.

Du mardi au samedi de 10 h à 19 h,
le dimanche de 12 h à 19 h.

Tarif plein : 7 € - Tarif réduit : 5 €.